Retour sur le forum des archivistes du 20 au 22 mars 2013

Il y a maintenant un peu plus d’un mois se tenait au Centre des Congrès d’Angers le premier forum des archivistes organisé par l’Association des Archivistes Français (AAF). Cet événement réunissait plus de cinq cents archivistes et acteurs connexes de cette profession (formations universitaires, prestataires de numérisation, fournisseurs de boîtes de conservation, créateurs de logiciels métier etc.) pour échanger autour des thématiques et des problématiques actuelles de la profession ; plusieurs adhérents de l’ADAL y étaient présents.

C’est un programme très dense que proposait ce forum intitulé « les archives aujourd’hui et demain ». Ainsi, chaque jour se sont déroulés trois cycles de conférences, en général au nombre de trois par session, sur différents thèmes d’actualité. Ainsi, un large panel de problématiques était couvert, allant de « l’archivage électronique » à « la place des archives dans l’art ». Chacun pouvait donc trouver son bonheur et élargir sa vision du monde archivistique, la principale difficulté étant de choisir vers quelle salle se diriger ! Toutefois, à l’heure d’internet et des blogs, le choix était moins cornélien puisque des équipes de reporters volants (composées des étudiants en master archivistique de l’Université d’Angers) ont rédigé des comptes-rendus détaillés des interventions, qui sont maintenant accessibles sur le blog dédié à ces trois jours.

En plus de ces conférences, très denses, se tenaient également des ateliers pratiques (initiation à Twitter, présentations de progiciels, réflexions sur les archives participatives, etc.) qui favorisaient une interactivité bienvenue. De plus, comme le dit le jeu : « archivistes mais pas que » l’AAF avait prévu en parallèle un programme convivial qui permettait de découvrir la ville d’Angers et ses environs tout en favorisant le dialogue entre collègues. C’était également là un des grand mérites de ce forum que d’avoir réuni près de cinq cents archivistes de tous horizons. Ainsi, nous n’avions jamais été en présence d’autant d’archivistes et si l’on savait que les métiers des archives sont pluriels, voir la grande diversité des positions et des parcours des archivistes présents au forum nous a marqué. Ce forum a montré que malgré d’importants écarts de statut, de formation et de point de vue, le « petit » milieu professionnel des archives garde une forte cohésion.

On l’a dit, les multiples conférences avaient toutes un rapport avec l’actualité archivistique ; nous ne reviendrons pas sur les questions soulevées par l’archivage électronique, la mutualisation ou encore le sentiment et les archives (qui pose de nouveau la question de la fameuse opposition histoire/mémoire) qui ont été bien présentées par les comptes-rendus de la journée, mais il est intéressant toutefois de s’arrêter quelque peu sur un sujet évoqué durant ce forum. Lors de la séance d’ouverture, la question de la pertinence du terme « archives » à l’heure actuelle a été posée. En effet, l’évolution de la terminologie du cadre conceptuel archivistique pourrait signifier un changement de paradigme. Nous avons à notre disposition de plus en plus de façons de nommer notre matériel : archives, documents, documents administratifs, informations, données (avec tous ces qualificatifs : personnelles, culturelles, sensibles etc…) mais tous ces termes se distinguent quelque peu dans leur définition, si bien que ni leur synonymie ni leur différentiation n’est claire. Ces différents termes supplantent de plus en plus le terme « archives » dans les différents textes juridiques et réglementaires (CADA, CNIL, Code du Patrimoine entre autre). Ce flou terminologique a pour conséquence de brouiller le cadre des missions de l’archiviste, notamment en matière de communicabilité. Cette difficulté a été soulignée en particulier dans l’intervention de Marie RANQUET « Archives, archivistes et lecteurs : entre désir d’ouverture et tentation du secret » qui a mis en évidence la nécessaire adaptation de l’archiviste aux évolutions réglementaires, mais aussi aux nouvelles demandes des chercheurs, en matière de communication des documents.  L’archiviste a-t-il vocation à devenir le CIL et le PRADA de son organisme? Doit-il devenir un parfait juriste pour communiquer les archives aux tiers. C’est une des pistes de réflexion ouvertes par les interventions et les discussions de ces trois jours.

En conclusion, on peut dire que ce forum, qui visait à réunir dans un même lieu tous les intervenants du secteur professionnel archivistique, à favoriser les échanges d’idées et d’expériences, ainsi qu’a entretenir et renforcer le dialogue entre eux, a bien rempli ses objectifs. Espérons que l’expérience sera renouvelée dans trois ans. Et pourquoi pas à Lyon ?…

Charlène Lalot, Virginie Gentien,

Jean-Bernard Moné, Florian Giraud.

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