Archiviste itinérant: un aperçu comparatif du métier- France versus Catalogne

Archiviste en Catalogne de 2005 à 2008, j’exerce le métier depuis 2011 en France. Ainsi, j’ai pu travailler avec deux pratiques et deux organisations différentes mais avec des règles de base qui se partagent d’un côté et de l’autre des Pyrénées.

L’organisation territoriale de la Catalogne favorise le travail des archivistes itinérants au sein des cantons, des territoires regroupant une trentaine de communes de 1 000 à 4 000 habitants, contrairement à la France, où prévaut un système imposant un territoire beaucoup plus large aux agents et des communes de moins de 300 habitants. En effet, c’est au niveau des départements –à travers les Centres de gestion de la fonction publique territoriale– que s’étend la zone d’affectation des archivistes. Il existe bien entendu des départements plus ou moins grands mais de manière générale ceux-ci impliquent beaucoup plus de déplacements ainsi qu’un nombre bien plus important de communes que ce qu’on connaît dans les cantons en Catalogne.

 Au-délà de la répartition territoriale, l’archiviste itinérant a de tâches similaires et est confronté à une importante variété de cas de figure. Les communes ont une conception très différente de l’entretien de leurs archives et si, dans certains cas, des salles en étage bien aménagées sont crées pour les archives, il n’est pas rare de les retrouver dans des caves ou des mansardes sans climatisation, avec des escaliers en bois et des ouvertures sous le toit. Cela dit, c’est en France que le besoin de conditionnement des archives et d’aménagement des locaux sont les plus nécessaires. Il ne s’agit pas forcement des communes rurales en manque de ressources mais de petites villes dans lesquelles il y a un manque d’intérêt pour les archives. Ceci est regrettable aussi bien pour la conservation matérielle que pour la diffusion culturelle des fonds.

 En ce qui concerne l’organisation du classement et le contrôle scientifique et technique c’est bien la France qui l’emporte. En Catalogne, tout en ayant un archiviste en chef pour chaque canton, celui-ci a beaucoup de mal à imposer des règles de classement et reste impuissant pour récupérer des fonds anciens soumis aux risques de la manque de contrôle. A ce titre, la réduction de la dépense publique engagée par l’Espagne depuis 2008 a détérioré cette situation. Plusieurs postes d’archivistes itinérants qui, jusqu’à alors, étaient les seuls agents sur le terrain pour s’occuper du classement des archives communales ont été supprimés.

Les inspections exercées par les archives départementales depuis le milieu du XIXème siècle restent un modèle à suivre, permettant de faire un suivi de l’état des archives communales. Il faut aussi signaler le travail de classement mené durant de nombreuses années par les archives départementales auprès des communes. A ce sujet l’exemple des archives départementales de l’Isère est représentatif.

 Le métier d’archiviste itinérant est une fabrique d’expérimentation pour la pratique archivistique et permet d’acquérir une bonne expérience dans plusieurs domaines : les questions administratives et d’organisation mais aussi de formation à l’archivage, à la conservation matérielle et jusqu’à la diffusion patrimoniale des archives.

Jordi Rubió, Archiviste au Centre de gestion de l’Ain

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