Journée d’échanges du groupe régional Rhône-Alpes de l’AAF sur les documents iconographiques (14 novembre 2013 à Chambéry)

Intervention de Clémentine CORMORECHE (restauratrice aux Archives départementales de la Loire) : Petits conseils pratiques pour la restauration et la conservation des documents iconographiques

Clémentine CORMORECHE, restauratrice professionnelle aux Archives départementales de la Loire a été invitée à donner quelques conseils pratiques. Son propos s’articulant en trois temps : le nettoyage des collections, les petites restaurations et le conditionnement des documents iconographiques.

En préambule, elle a tout d’abord rappelé, comme nous autres archivistes savons le faire pour le domaine qui nous concerne, que la restauration devait rester aux restaurateurs et qu’il s’agissait d’un métier à part entière. En effet, des techniques très particulières sont employées par ceux-ci lors des importantes opérations de nettoyage, de restauration et de reconditionnement. Cependant, certaines opérations légères peuvent être menées par les archivistes à condition de les faire dans de bonnes conditions.

Le nettoyage des collections iconographiques :

Le nettoyage des collections iconographiques peut s’effectuer par légère aspiration, simple dépoussiérage ou gommage.

Tout d’abord, on peut aspirer la poussière présente sur les documents iconographiques au moyen d’un aspirateur à filtre absolu muni d’un variateur de puissance. Le filtre absolu va permettre de ne pas « recracher » la poussière et le variateur de puissance va limiter la force d’aspiration afin de ne pas endommager le document. Pour aspirer plus finement, on ne va pas utiliser la brosse de l’aspirateur mais utiliser un petit pinceau brosse pour ne pas endommager les fibres du papier.

Pour dépoussiérer des plaques de verre ou des dessins, on peut utiliser un pinceau et un chiffon microfibres doux. Il est par exemple possible d’utiliser des pinceaux doux comme les « pinceaux chinois ».

gommes_doucesLe nettoyage peut s’effectuer par gommage. Il est possible d’en utiliser deux sortes : la gomme en poudre ou des gommes spéciales pour la suie appelées « smoke sponge » qui ressemblent à des éponges et qui ont l’avantage de ne pas faire de petits copeaux (et d’en mettre partout). La gomme en poudre se pose sur le document, puis on frotte pour enlever la poussière ; l’avantage est qu’on peut appuyer plus ou moins en fonction de l’état du document et éviter ainsi d’aggraver des déchirures présentes sur le document. On peut aussi fabriquer sa propre gomme en poudre en râpant de la gomme blanche d’écolier.

Les agrafes et épingles présentes sur un document iconographique :

Comme pour les documents textuels, il est préférable par principe d’enlever les agrafes et les épingles métalliques présentes sur le document. Pour ce faire, on utilise de préférence une spatule car elle permet de ne pas rayer le papier. Si l’agrafe est rouillée et difficile à enlever, on n’insiste pas et on la laisse afin de ne pas détériorer le document.

Les plis sur les documents iconographiques :

En cas de plis présent sur le document, on peut les « mettre à plat » après très légère humidification mais il faut alors vérifier que l’encre n’est pas soluble. On utilise cette technique uniquement après un gommage (pour qu’il n’y ait pas d’auréole) et on fait un test de solubilité. Concrètement, on met une petite goutte d’eau sur le tracé et on applique un buvard : si une tâche apparaît sur le buvard, alors l’encre est soluble. Si l’encre n’est pas soluble, on peut alors légèrement humidifier le papier avec un pinceau ou un peu de coton imbibé d’eau, et on fait sécher le papier entre des buvards avec au-dessus des poids.
/!\ Opération très délicate qu’il est préférable de confier à un professionnel de la restauration !

Le conditionnement des documents iconographiques :

Les documents iconographiques sont de préférence conditionnés à plat, à défaut ils sont roulés. Cela dépend de la taille du document et des moyens matériels de conservation.
Si on peut les conditionner à plat, on utilise des cartons à dessin ou des porte-folios, qui sont des cartons à dessin munis de rabats afin que la feuille ne bouge pas à l’intérieur de sa pochette et ne se déchire sur les bords. On peut aussi utiliser des meubles à plan, en mettant les documents dans des pochettes en polyester sur mesure ou entre des feuilles de papier permanent.
Si on ne peut pas les conditionner à plat, on les conserve roulés. Les documents roulés sont alors conservés dans des meubles spécifiques. On peut les mettre dans des « boites tubes », faites sur mesure mais de section carrée. Si on les conserve roulés, il est préférable de mettre les documents entre deux feuilles de papier ou de polyester afin d’éviter les frottements et pour soutenir le rouleau.

Les plaques de verre :

Quant aux plaques de verre, elles doivent être rangées à la verticale pour les petits formats et à plat pour les grands formats. On les met dans des pochettes en papier permanent afin d’éviter qu’elles ne se rayent entre elles. Il est recommandé d’utiliser des pochettes quatre rabats pour les conserver afin de pouvoir ouvrir entièrement la pochette avant de manipuler le document. L’utilisation des gants est prescrite afin de les manipuler.

Les cartes postales, les diapositives et les photographies :

Pour les gravures, les cartes postales, les diapositives et les photographies, on peut les conditionner dans des classeurs adaptés. Il faut alors bien veiller à acheter les pochettes qui vont avec les classeurs, c’est-à-dire souvent celles du même fournisseur. Les pochettes sont transparentes et en matériau neutre : elles sont en polyester ou en polypropylène.
Une solution plus économique peut consister à mettre de tels documents (cartes postales, diapositives, etc.) dans des boîtes spécialement prévues à cet effet, notamment lorsqu’ils n’ont pas vocation à ressortir (après une campagne de numérisation par exemple).

Les documents iconographiques et la température :

Enfin, il faut veiller à ne pas soumettre les documents iconographiques sur support spécial à de très grands chocs de température. En effet comme sont souvent conservés à des températures plus basses qu’en salle de lecture, il faut prévoir un sas de « décompression » pour minimiser les variations de température lors de leur consultation.

Amaury TRIBALAT, étudiant en Master 2 « Métiers des archives » de l’Université Lyon III (promo 2013-2014)

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