«Partenariat ou prestation? Exemples d’actions de médiation aux archives communales de Romans» Par Nancy MEUNIER-PERDRIOLE des Archives municipales de Romans-sur-Isère

Pour la mission de valorisation du service d’archives de Romans, le terme de « partenariat » pose problème car il intègre l’idée d’une association pour mener à bien un projet commun et sous-tend la notion de réciprocité. Ainsi, il serait sans doute plus juste de parler de «fourniture de services». Deux exemples concrets avec différents partenaires permettront d’expliciter cette situation particulière.

D’abord, pour bien comprendre les Archives municipales de Romans-sur-Isère il est intéressant d’en faire une présentation succincte. Le service d’archives de cette commune d’environ 34 000 habitants existe depuis 1982 et dispose de magasins réhabilités aux normes, d’une salle de lecture et d’une salle de service éducatif. Il est géré par 5 agents. De plus un site internet de consultation a été mis en place depuis 2008 avec un accès simplifié à certains documents.

Romans-sur-Isère est une ville qui possède un tissu associatif dense et les Archives municipales veulent participer activement aux échanges et au développement des réseaux de la vie de la commune en travaillant avec les services culturels ou encore d’éducation, mais surtout en devenant un centre de ressources pour la mémoire locale.

Un premier retour d’expérience avec un public scolaire révèle que malgré des propositions de séances adaptatives selon les objectifs du cadre éducatif, les enseignants choisissent tout de même des séances types déjà conçues, par manque de temps de préparation. Ainsi, en 2014, les Archives municipales de Romans-sur-Isère ont accueilli environ 520 élèves, du CE1 au Lycée, et ont proposé des pochettes pédagogiques d’expositions déjà réalisées sans intervention en amont des enseignants. C’est pour cette raison qu’il peut sembler plus correct de retenir le terme de « prestation » en place de « partenariat ». Il faut cependant souligner un exemple (rare) de partenariat concernant la Première Guerre Mondiale où une enseignante a proposé de relire les supports et de tester l’activité éducative avec sa classe pour en voir son fonctionnement.

Le second retour d’expérience concerne les publics empêchés. Deux actions ont été menées. La première concerne les EHPAD (Établissements d’Hébergements pour Personnes Âgées Dépendantes) et s’est mis en place à l’initiative des animatrices de la structure. Leurs buts étaient de permettre aux résidents de pouvoir échanger sur leurs souvenirs et de partager un moment convivial. Après une définition des objectifs et contraintes avec les Archives municipales, il a été prévu une séance dans les locaux de l’EHPAD avec projection de photos, plans ou encore cartes postales et des discussions sur le thème des «Évolutions urbaines». La séance a été très positive et a permis l’organisation par la suite, pour les personnes valides et les plus intéressées, d’une rencontre dans le service d’archives pour en découvrir le fonctionnement et y faire des recherches personnelles (avec l’aide des agents). Le bilan de cette expérience s’est révélé très positif autant pour les participants, les animatrices de l’EHPAD que pour les Archives. Un article dans la presse locale sur ces échanges a d’ailleurs été publié. De même, un projet de signature de convention tripartite entre l’EHPAD, les Archives municipales et la commune se met en place pour 2016.

La seconde action a été l’accueil de patients de l’hôpital de jour en soin psychiatrique pour des visites spécialisées d’expositions par exemple.

Ces deux retours d’expériences révèlent cependant davantage l’idée d’une fourniture de service de la part du service d’archives que d’un véritable partenariat. Les difficultés sont tout d’abord qu’il y a peu de demandes malgré une volonté de coopération du service d’archives, les partenariats permettraient de dynamiser et renouveler les thèmes travaillés, et qu’ensuite toutes actions de ce type demandent beaucoup de temps.

Mais en définitive, peu importe le terme (« partenariat » ou « prestations ») car ces expériences d’échanges apparaissent bénéfiques pour le service d’archives : accroissement des visites en salle de lecture, sur le site internet, et visibilité plus importante du service et reconnaissance comme lieu important pour la mémoire locale.

Cindy Farcense, étudiante en Master 2 « Métiers des archives » de l’Université Lyon III

(promotion 2015-2016).

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